Fondement de l’approche de Plan, le sponsorship, permet chaque année à des sponsors de rendre visite aux enfants parrainés au sein de leurs communautés, mais aussi se rendre compte des réalisations de Plan Burkina. La famille Willekens n’a pas dérogé à la règle. Le lundi 11 janvier, elle a rendu visite à sa filleule Zalissa, élève en classe de 6e.
Lundi 11 janvier 2010. Le soleil est presqu’au zénith. Nous quittons le PU de Kaya pour la commune de Pissila, à une trentaine de kilomètres de Kaya. À bord du véhicule, un octogénaire belge, Eugeens Willekens et sa fille Linda. La route laisse à désirer. Le véhicule soulève de gros nuages de poussière amplifiés par l’harmattan. Nous sommes en pleine brousse avec une voie à plusieurs pistes. Un passant nous montre le chemin, mais ses indications sont toutes aussi compliquées que la voie sinueuse et tortueuse à suivre. Mais rien ne semble décourager Linda et Eugeens. Ils ont parcouru des milliers de kilomètres pour voir Zalissa.
Enfin le village ! Sous un grand arbre, la famille de Zalissa attend. Pour souhaiter la bienvenue à Linda et Eugeens, les habitants du village sont sortis nombreux pour saluer leur 3e visite. Salutations d’usage, eau de bienvenue (zoom koom, une boisson locale fait à base de petit mil), échanges avec la communauté. Déjà plus d’une heure que les WIillekens sont là , mais Zalissa est absente. Les chants et les danses n’adoucissent nullement l’impatience mêlée d’inquiétude des WIillekens. En réalité, Zalissa n’habite plus le village et n’y revient que les week-ends. Après son succès au certificat d’études primaires, a été inscrite à Pissila, à quelques kilomètres de là .
Tout à coup le visage de Eugeens devient radieux. Au loin, une jeune fille, l’air un peu timide, mais tout de même souriante ; c’est Zalissa. Très peu de mots sont échangés. Tout se lit dans les yeux et les sourires. Assise entre Linda et Eugeen qui ne voulaient plus la lâcher, Zalissa décrit son école à son sponsor. Elle profite de l’occasion pour lui lire sa lettre qu’elle n’avait pas pu remettre au VCC. Dans cette correspondance désormais publique, on apprend qu’elle « exprime toute sa gratitude » à celui quelle appelle affectueusement ‘’papa’’ et « grâce à qui elle a pu être scolarisée ». Moments d’intenses émotions ! Après, ce fut les échanges de cadeaux. Un lot de Tshirts, 2 sacs de maïs, 2 sacs de riz ont été offerts par le couple qui a reçu en retour un coq et une calebasse remplie d’arachides. Ensuite s’en est suivie la visite du forage, de la maison familiale. Là le couple belge s’essaie à la meule traditionnelle. Pas du tout facile. Largement comblé, le père de Zalissa a remercié de vive voix la famille willekens pour tout le soutien apporté à sa fille, à la communauté et leur a souhaité un bon retour.
Enfin 16 heures, l’heure de la séparation. Difficile mais irrémédiable. Dans le regard de la jeune fille, au moment de dire au revoir, tout l’espoir de ce sponsoring qui pourrait lui permettre de réaliser ses rêves. Ce lundi fut pour Zalissa et les willekens, et aussi pour la communauté, une journée merveilleuse, courte mais inoubliable. Le couple promet de revenir au village et a même l’intention d’y réaliser un forage. Mais d’ici là , le père willekens et sa fille ont acheté un vélo pour Zalissa. Histoire de faciliter ses déplacements.
Bassira Kaba/Plan Sanmatenga